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SLEEPERS : HONDA ACCORD AERODECK

—by the Blenheim Gang / Thursday, October 6, 2011

Fascinantes à leur époque pour leur design radical, les Japonaises des années 80 ont depuis longtemps disparues de nos rues, et si on les croise ce n’est que dans l’indifférence la plus totale. Réparons cette injustice en nous penchant sur le cas de l’intéressante Honda Accord Aerodeck.

Fruit de l’ambitieux désir de Honda “d’accord et d’harmonie entre les gens, la société et l’automobile” (tout un programme), la première génération d’Accord voit le jour en 1976 sous les traits de fort classiques berlines 3 et 4 portes dont l’attrait le plus notable résidait dans sa faible consommation d’énergie. Une voiture économique dans une époque qui en avait bien besoin. Soit, pas de quoi en fouetter un chat, donc. Si la deuxième génération n’est pas plus passionnante, c’est à la troisième que nous allons nous intéresser ici, et plus particulièrement à sa variante break, commercialisée de 1986 à 1989.

L’Accord Aerodeck est sans conteste la version la plus originale (la seule ?) de cette famille tristounette, avec sa carrosserie de type break de chasse, semblable à celle des Civic contemporaines, et autres Volvo 480. Fidèle à la tendance du moment, donc, avec une aérodynamique particulièrement soignée, grâce notamment à de nombreux éléments encastrés (poignes de portes, essuis-glaces placés sous le capot) et ses phares rétractables – un détail que nous adorons, rare sur une voiture familiale. De quoi afficher un honnête Cx de 0,34.

Mais le point qui nous séduit le plus – sans doute pas involontaire – est que l’Aerodeck s’inspire grandement du premier break de chasse de série : la Reliant Scimitar GTE. Sceptique ? Si, si comparez bien ces profils. Ce même capot long, ces même proportions, et ce même vitrage latérale qui s’affine en remontant vers le hayon : une ressemblance flagrante. Une ressemblance qui d’ailleurs a fait naître cette rumeur tenace, qui prétend que l’Aerodeck serait née d’un dessin crée par Bertone pour Reliant, que les britanniques exsangues auraient vendu à Honda pour obtenir quelques liquidités… Si Bertone a bien réalisé un très coûteux prototype pour Reliant, abandonné faute de pouvoir le rentabiliser, il s’agissait en fait d’une classique berline hatchback, très proche du concept Volvo Tundra. Rien à voir avec un break de chasse, et l’Aerodeck, donc. N’en parlons plus.

L’habitacle, d’une facture plutôt classique pour une japonaise des 80′s cache quelques subtilités : des places arrières separées et rabatables (comme sur la Scimitar), des sièges avant qui peuvent se transformer en couchettes, et un tableau de bord digital (pour le marché local, uniquement). En Europe on se consolera avec les sièges Recaro optionnels.

Un dernier détail stylistique notable este hayon en “aile de mouette” qui mord profondement sur le pavillon. Une façon comme une autre de gagner l’accessibilité perdue par le seuil de chargement très haut.

Enfin, pour les amateurs de mécanique, nous rappellerons l’excellence de Honda en matière de moteurs. Ici on retrouve un très bon 2.0 de 122 ch, sur la version EXI, qui offre d’excellente performances pour l’époque, et une consommation des plus raisonnables. De quoi en faire un excellent daily driver pour rouller differement en toute discrétion et tranquilité. Si l’aventure vous tente – on vous y encourage vivement – sachez que l’Accord Aerodeck jouit d’une réputation d’extrême fiabilité, ce qui est une bonne nouvelle, car les pièces sont aussi chères que difficiles à trouver. À vous de jouer !

Texte : Yan Alexandre

 

 

 


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